Dès 1894, les premiers trams électriques

C’est en 1881 qu’est mis en service le premier tram électrique du monde, à Berlin. Il faut attendre 1888 pour voir circuler le premier tram électrique de Suisse, sur la ligne Vevey – Territet.
Dès 1882 déjà, on songe à créer une ligne électrifiée à Genève, sur l’axe Petit-Saconnex – Champel. Il faudra néanmoins attendre encore une douzaine d’années pour mettre tout le monde d’accord.

22 septembre 1894 : ouverture de la ligne Petit-Saconnex – Cornavin – Pont de l’Ile – Place Neuve – Champel par la compagnie des TS (Tramways Suisse). En raison de son profil, cette nouvelle ligne ne peut être exploitée que par tramways électriques. Les TS disposent dès lors d’une croix ferroviaire à voie normale, avec tronçon commun entre Cité et Place Neuve.

Dans les mois qui suivent, le tronçon Place Neuve – Augustins est électrifié pour permettre aux motrices électriques de gagner le dépôt TS de la Cluse.
Les avantages de la traction électrique étant reconnus, l’année 1895 voit les travaux d’électrification s’étendre à l’ensemble de la ligne Carouge – Moillesulaz. Ces travaux sont achevés pour l’ouverture de l’Exposition Nationale, le 1er mai 1896. A noter que les antennes d’Annemasse et d’Etrembières restent exploitées par convois à vapeur et que la section Molard – Cornavin conserve son mode de traction hippomobile, le pont du Mont-Blanc ne permettant pas le passage de motrices électriques, jugées trop lourdes.
Notons au passage que les TS font circuler, la même année, un tramway à voie étroite dans l’enceinte de l’Exposition Nationale.

L’exploitation par tramways électriques permet d’importantes économies, ce qui rend possible une baisse des tarifs et entraîne une croissance du trafic (6,8 millions de voyageurs en 1899 !). Les TS, dont les résultats sont florissants, songent, dans les dernières années du siècle, à une fusion avec les Voies Etroites (fortement déficitaires) et envisagent même une extension de leur réseau, par exemple vers les Pâquis, ou même vers Versoix. Mais c’est finalement la CGTE qui réalisera, dès 1900, la fusion projetée (voir chapitre suivant).

Quelques notes concernant les automotrices électriques des TS :
Pour l’ouverture de la ligne Champel – Saconnex, les TS disposaient de 8 motrices Ce ½ Nos 94 à 101 de 30 CV et d’une capacité totale de 30 places, construites par la SIG (pour la partie mécanique) et par la Compagnie de l’Industrie Electrique et Mécanique, ancêtre des Ateliers de Sécheron (pour la partie électrique).

En 1895, deux motrices plus puissantes Ce 2/2 102 et 103 viennent renforcer le parc. Leurs deux moteurs de 25 CV permettent de leur faire tracter une remorque. Elles sont affectées à la section Cornavin – Pont de l’Ile – Plainpalais.

Pour le début de l’exploitation électrique de la ligne Carouge – Moillesulaz en 1896, ce sont seize motrices Ce 2/2 104 à 119 qui sont mises en service. Avec leurs moteurs de 25 CV, leurs 36 places et leur vitesse de 25 km/h, elles assureront , avec remorque, le fort trafic sur cet axe jusqu’à la reprise de l’exploitation par la CGTE et à la mise à l’écartement métrique de la future ligne 12. (voir photo ci-dessous)

Voiture 104 – Photographie archive SNOTPG

Pour le début de l’exploitation électrique de la ligne Carouge – Moillesulaz en 1896, ce sont seize motrices Ce 2/2 104 à 119 qui sont mises en service. Avec leurs moteurs de 25 CV, leurs 36 places et leur vitesse de 25 km/h, elles assureront , avec remorque, le fort trafic sur cet axe jusqu’à la reprise de l’exploitation par la CGTE et à la mise à l’écartement métrique de la future ligne 12. (voir photo ci-contre)

Ces automotrices seront, dès 1901, revendues en France à des réseaux à voie normale. Trois d’entre elles seront reprises par le Genève – Veyrier et mises à écartement métrique.

A noter encore que huit petites motrices Ce ½ 125 à 132, à voie métrique, des TS circulèrent en 1896 dans l’Exposition Nationale. Si certaines seront revendues, six seront transformées en remorques par la CGTE (Ci 301 à 306).

Expo National – Photographie archive SNOTPG

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