Dès 1928, les premiers autobus et le début du lent déclin des tramways

Avec un réseau de trams étendu, comportant de nombreuses lignes de campagne déficitaires, il n’est pas étonnant de voir surgir de grosses difficultés financières dans les années 1920-1930. La situation de la dette deviendra même si sérieuse qu’elle conduira la CGTE à demander un sursis concordataire en 1924, après le refus par le canton de l’autoriser à augmenter ses tarifs.

C’est donc en 1925 déjà que commence le lent déclin des lignes de tram avec la fermeture de la ligne de Versoix, parallèle à la ligne CFF. Une convention signée entre la CGTE et l’Etat en 1926-1927 annonce le déclin du tram, dans la mesure où une des closes prévoit d’étudier la possibilité d’introduire des services d’autobus sur les tronçons de campagne particulièrement déficitaires.

Ainsi verra-t-on, en 1928, la reprise à l’entreprise Tinguely de sa concession par la CGTE, qui exploite dès lors la ligne Genève – Cologny – Meinier – Gy (ligne 21) avec ses premiers autobus. La ligne sera même prolongée jusqu’à Veigy en 1930.

En 1930, c’est  la ligne d’autobus 22 qui fait Rive – Chêne-Bourg – Puplinge – Jussy . Le tram est supprimé sur la section Choulex – Jussy.

Autobus Saurer 4 cylindre – Photographie archive SNOTPG
Autobus Saurer – Photographie archive SNOTPG

La situation financière de la CGTE s’améliorant très provisoirement après la convention signée avec l’Etat, les années trente voient la compagnie reprendre l’exploitation de la ligne de tram Carouge – Croix-de-Rozon au Genève – Veyrier. La ligne est intégrée à la ligne 12. Durant la semaine, la desserte de Croix-de-Rozon est assurée en prolongeant quelques courses régulières Moillesulaz – Carouge. Le dimanche, en raison de la grande affluence, un service distinct du service régulier circule entre Rive et Croix-de-Rozon avec la cible 12 rouge. La section Collonges – Veyrier est fermée.

A la même époque, reprise de la ligne Rive – Veyrier par la CGTE. Cette ligne devient la 5/8 les jours ouvrables (BIT – Veyrier) et la 8 les jours fériés (Rive – Veyrier).

En 1932 : Mise en service de la boucle de Cornavin, le « carrousel des trams ».
En 1936, ouverture d’une ligne d’autobus Cornavin – Palais des Nations.
1937 : Création de la Compagnie Genevoise des Autobus, filiale de la CGTE.
1938 : Suppression des lignes de trams suivantes et remplacement par services d’autobus :

  1. Cornavin – Ferney
  2. Rive – Choulex
  3. Bernex – Chancy
  4. Carouge – St.-Julien

Notes concernant le matériel durant ces années :
Pour exploiter ses lignes, la compagnie dispose de 14 autobus de trois types différents en 1938:

  • 3 SAURER Nos 1 – 2 – 3 de 1928 et 1930 (voir photo ci-dessus)
  • 3 SAURER Nos 11 à 13 de 1931-1932 (100 CV ; 51 places) (voir photo ci-dessus)
  • 8 SAURER Nos 15 et 16 de 1937 (75 CV, 36 places, au gabarit « car postal » de 2,20 m de largeur) & Nos 21 à 26 de 1937 (100 CV, 50 places, au gabarit « autobus » de 2,40 m de largeur)

NOTE : Tous ces véhicules sont dans la livrée bleue de la Compagnie Genevoise des Autobus.

Photographie archive SNOTPG
Photographie archive SNOTPG

La CGTE n’ayant pas les moyens d’investir dans l’achat de nouveaux trams, ce sont les Ateliers de la Jonction qui sont chargés de transformer et de moderniser le parc de motrices datant du début du siècle. Ainsi sont transformées les séries suivantes :

  • De 1928 à 1930 : Les Ce 2/2 1 à 24 reçoivent de nouvelles caisses arrondies, avec plateformes fermées et portes coulissantes, sur le modèles des motrices 122 à 131 de 1920. Quinze véhicules seront équipés quelques années plus tard de moteurs plus puissants provenant des 50-54 et 60-69.
  • De 1930 à 1934, c’est au tour de la série 26 à 45 d’être un peu améliorée.
  • Suppression de la porte d’accès au milieu des motrices “Westinghouse” (série 55-59 et 70-74) et “Alioth” (série 90 à 99). Leurs plates-formes sont munies de portes.
  • Enfin, entre 1932 et 1939, les 50-54 et 60-69 sont équipées de nouvelles caisses et de nouveaux moteurs. C’est de ces années que date la caisse de la 67, conservée par l’AGMT.

A l’occasion de ces transformations, les automotrices et les remorques révisées reçoivent une nouvelle livrée vert olive avec filets simplifiés pour le bas de caisse et brun « chocolat clair » pour le pourtour des fenêtres.
En 1933, la CGTE rachète d’occasion aux Tramways de St.-Etienne deux automotrices puissantes (Ce 4/4 166 & 167) et six remorques à plates-formes fermées à deux essieux (C2 211 à 216).

Ces deux motrices à caisses lattées de bois sont affectées à la ligne de Chancy et disparaissent à la fermeture de cette ligne. Les moteurs des deux “Saint-Etienne” sont récupérés et équipent les 51 et 52, qui seront ainsi les premières motrices de cette série à être équipées de quatre moteurs. Leurs puissance fera qu’elles seront très appréciées par les wattmen sur les lignes 9 (Hermance) et 15 (Bernex) où, avec de lourds convois de deux remorques “Neuhausen”, elles permettent de bien tenir l’horaire.

La guerre 1939 – 1945 influence curieusement le réseau de la CGTE : les trams en déclin vont se rebiffer et avoir une revanche de quelques années. En effet, en raison de problèmes de pneumatiques, de carburant et de disponibilité des autobus (réquisitions fédérales), les sections de lignes suivantes, passées aux autobus, sont à nouveau exploitées par tramways dès 1941 :

  • Ligne 7 : Cornavin – Grand-Saconnex (jusqu’en 1946)
  • Ligne 11 : Rive – Croisée de Cologny (jusqu’en 1946)

A noter que le tronçon Rive – avenue de Frontenex – stade de Frontenex sera exploité occasionnellement par trams jusqu’en 1957 pour les matchs d’UGS !

  • La ligne 13 : Carouge (puis Rive) – Perly (de 1944 à 1950).
Automotrice 23-1930 -Photographie archive SNOTPG
Automotrice 61- Apres-1932-Photographie archive SNOTPG
Automotrice 167 Photographie archive SNOTPG

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