Dès 1942, les premiers trolleybus

Les années 1941 – 1949 sont marquées par une augmentation de la fréquentation des lignes, ce qui conduit à un certain nombre de modifications du réseau. Ainsi, en plus de la réintroduction du tram sur certains tronçons passés à l’exploitation par autobus (voir chapitre précédent), les lignes de trams suivantes sont remaniées en 1941:

  1. La ligne 6 devient une transversale les jours ouvrables et relie Vernier à Veyrier
  2. La ligne 8 (Rive – Veyrier) n’est exploitée que les jours fériés sous ce numéro
  3. La ligne 5 fait désormais BIT (Sécheron) – Cornavin – Molard.

Une autre ligne pose un problème de capacité : la 3, Petit-Saconnex – Champel. Exploitée avec des Ce 2/2 1 à 24 ou des Ce 2/4 « Schlieren » 76 à 90 en renfort, elle comporte de nombreux tronçons à voie simple où la largeur des rues empêche la pose d’une double voie, ce qui constitue un obstacle à l’amélioration de l’offre. De plus, le développement prévu de certains quartiers interdit de construire de nouvelles voies pour les déplacer par la suite. La seule solution technique et économique qui s’impose en ce début des années quarante, c’est le trolleybus.
Ainsi, la 3, qui avait été la première ligne de tram électrique en 1894, sera la première à être exploitée, partiellement, en trolleybus dès 1942. Mais l’histoire du début du trolleybus à Genève est un peu perturbée par le conflit mondial. Qu’on en juge :
Le 11 septembre 1942, le premier trolleybus est mis en service sur le tronçon Grand-Pré – Petit-Saconnex.
Le 19 novembre 1942, c’est Cornavin – Petit-Saconnex qui est exploité par trolleybus. Le reste de la ligne continue de voir rouler le tram.

Première sortie -Photographie archive SNOTPG
Poste de conduite – Photographie archive SNOTPG

Première sortie du trolleybus N°1, juin 1942 – A remarquer : le trolleybus ne circule qu’avec une seule perche ! Comme les lignes aériennes de trolleybus n’étaient pas encore en service, les premiers essais se sont déroulés sous ligne aérienne de tram. Une perche captait le courant à la ligne aérienne, le renvoi du courant s’effectuant aux rails via un wagonnet raccordé au trolleybus. Le bus porte d’ailleurs à l’avant la cible carrée (triangle blanc sur fond bleu) obligatoire, à l’époque, pour signaler qu’il tire une remorque.

Dès le 18 mai 1944, le trolleybus ne circule que les jours ouvrables sur le court tronçon Grand-Pré – Petit-Saconnex en raison des problèmes liés à l’approvisionnement en pneumatiques ! Le tram assure le service Champel – Cornavin – Grand-Pré, et monte même jusqu’au Petit-Saconnex les jours fériés ! Pour capter le courant à la ligne du trolleybus sur cette section, le trolley du tram doit être équipé d’une cuillère de trolleybus !
Ce n’est finalement que le 3 avril 1946 que le trolleybus assurera l’ensemble de la ligne 3, de Champel au Petit-Saconnex.

Notes concernant les premiers trolleybus Nos 1 à 12 (plus tard Nos 801 à 812):
Les Ateliers de la Jonction avaient déjà montré leur savoir-faire au cours des quinze années précédentes en modernisant certaines séries de trams. C’est donc à ses employés qualifiés que la CGTE confiera, également pour des raisons d’économie, le montage de ses 11 premiers trolleybus en 1942. Le No 12 sortira des ateliers en 1948.
Sur la base d’un châssis SAURER, les Ateliers de la Jonction construisent la carrosserie et l’aménagement intérieur de ces trolleybus de 10,34 mètres et de 110 CV. L’équipement électrique est fourni par la Société Anonyme des Ateliers de Sécheron (SAAS).
Toute la série reçoit la nouvelle livrée verte et ivoire qui sera l’image de la CGTE jusqu’à la fin des années cinquante.

Photographie archive SNOTPG
Photographie archive SNOTPG

Ci-dessous, construction du premier trolleybus CGTE dans les ateliers de la Jonction

Ci-dessous, une “Schlieren” équipée des phares de guerre (Phares masqués et équipés de filtres bleus, pour éviter que les avions alliés qui partaient bombarder les pays de l’Axe (Italie/Allemagne) ne repèrent des lumières et ne lâchent leurs bombes sur sol genevois).

Photographie archive SNOTPG

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