L’atelier de garnissage (auparavant « sellerie ») tpg

L’atelier de garnissage (ex atelier de sellerie) se situe dans l’angle est du dépôt TPG du Bachet, au niveau de l’atelier principal d’entretien des véhicules. Vaste et bien éclairé, l’atelier de garnissage dispose de grandes surfaces de travail, indispensables à un travail qui demeure essentiellement artisanal : profonds établis face aux grandes baies vitrées, longue et large table de découpage au centre du local. A l’extrémité de celle-ci, de gros rouleaux de tissus aux couleurs des sièges, de mousse de rembourrage et de matières diverses attendent, sur leurs supports, les prochaines opérations de découpage. Autour du local, armoires et meubles de rangement de l’outillage côtoient les grandes étagères de stockage remplies de pièces de tissu déjà découpées ou de sièges prêts pour un prochain remplacement rapide sur les véhicules. Peu de moyens mécanisés dans cet atelier : machines à coudre, avec leurs réserves de bobines de fils; scies ou couteaux électriques à tissus; une presse, avec ses tiroirs d’emporte-pièces (pour la découpe de joints ou de rondelles de tous calibres), un pistolet d’encollage à air comprimé. N’oublions pas enfin la chapelle, de construction « maison », en bois, bien ventilée, destinée aux travaux d’encollage.

Le jour de notre visite, nous avons été très sympathiquement accueillis par Pierre-Alain, sellier de formation, et par Martial, garnisseur en carrosserie, qui nous ont fait partager quelques aspects de leur quotidien professionnel et montré, avec beaucoup d’intérêt, les gestes des spécialistes d’aujourd’hui.

Ci-dessous : vue du centre de l’atelier, avec sa grande table de travail. A l’extrémité de celle-ci, les rouleaux de tissus montés sur supports. Au premier-plan, l’une des machines à coudre, avec sa réserve de fils multicolores.

Rouleau monté sur support - Collection SNOTPG
Photographie collection SNOTPG

 Ci-dessous : Les réserves ! Sur les étagères, on reconnaîtra, prédécoupés, des coupons detissus de revêtement de sièges et dossiers, des coupons de mousse de rembourrage.

Photographie collection SNOTPG
Photographie collection SNOTPG

Une grande part des activités de l’atelier est actuellement consacrée au garnissage et à l’habillage des sièges de véhicules : remplacement de sièges usés ou victimes de déprédations, et surtout modernisation des sièges des DAV, à l’occasion de leur révision mi-vie. Pour une DAV série 04 (Be 4/8 Nos 831 à 852), ce ne sont pas moins de 64 sièges et 63 dossiers qu’il faut rafraîchir par motrice, en remplaçant la mousse de rembourrage et en rhabillant le tout du tissu de la nouvelle couleur bleue adoptée par les TPG. Pour les Be 4/6 de la série 03, dont la rénovation est maintenant achevée, c’était 42 sièges et 41 dossiers qu’il s’agissait de traiter ainsi.

Ci-dessous, dossiers et sièges prêts pour les Be 4/8

Photographies collection SNOTPG
Photographies collection SNOTPG

Si les sièges, banquettes et dossiers des anciens véhicules devaient être entièrement démontés et exigeaient un gros travail de sellerie (rembourrage épais, cuir ou tissu nécessitant des travaux de couture,etc), les équipements des véhicules récents (depuis le début des années quatre-vingts) ont bien modifié et « simplifié » la tâche des artisans de l’atelier. La « coque » des sièges individuels, en matière synthétique, reste fixée dans le véhicule. Seul le revêtement ou « coussin » est dévissé et remplacé. Gain de temps appréciable et … évolution du travail : le collage a remplacé la couture !
Le renouvellement du revêtement des sièges et dossiers nécessite les opérations suivantes :

Découpage préalable des coupons de tissu de revêtement et de mousse de rembourrage

Le découpage des tissus et de la mousse s’effectue sur la grande table du centre de l’atelier. Pour le renouvellement d’un grand nombre de sièges ou dossiers (par exemple pour le rhabillage intérieur d’une DAV en révision), un rouleau de tissu (environ 20 mètres), placé sur support à l’extrémité, est déroulé sur toute la surface de la table. En le faisant passer par des « chicanes » métalliques situées à chaque bout, il est possible d’obtenir cinq couches de tissu superposées et tendues, dans lesquelles on pourra découper jusqu’à 70 pièces.

Photographies collection SNOTPG
Photographies collection SNOTPG

A l’aide de gabarits propres à chaque série de véhicules (photos ci-dessous), le contour des futurs coupons est marqué à la craie ou au crayon. Cette phase du travail exige de la minutie car il importe de respecter l’alignement des motifs du tissu.

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Cette étape de marquage effectuée, les différentes couches de tissu peuvent maintenant être découpées à la scie électrique.

Photographie collection SNOTPG
Photographie collection SNOTPG

La mousse de rembourrage des sièges et dossiers se découpe soit à la scie (pour la mousse de 20 millimètres), soit au ciseau (pour la mousse « courante » de 10 millimètres).
A noter, comme le montrent les images ci-dessus, que la surface des coupons de mousse est inférieure à celle des coupons de tissu, dont les rebords seront rabattus lors des travaux de finition.

2. Dégarnissage des anciens revêtements et rembourrages

Les revêtements usés ou détériorés sont dévissés des coques des sièges de véhicules avant d’arriver à l’atelier. Il s’agit alors de décoller le tissu et la mousse de la plaque de base (en bois sur les O405, en résine synthétique sur les véhicules récents). Le port de gants de sécurité est obligatoire lors de cette étape du travail, en raison des risques de blessures liés aux agrafes (sièges des O405) ou à la présence éventuelle d’objets dangereux inattendus sous le tissu de surface (l’équipe de l’atelier y a découvert des pointes de seringues et des lames de rasoir ou de cutter !).

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Photographie collection SNOTPG
GC_20090903_00291_1 Photographie collection SNOTPG

3. Habillage avec le nouveau rembourrage et le nouveau tissu de revêtement

Une fois la plaque de base mise à nu, le travail de rhabillage du siège ou du dossier peut commencer. Les étapes de cette opération sont les suivantes :

Encollage de la plaque de base et d’une face du coupon de mousse, sous la chapelle ventilée, à l’aide d’un pistolet à air comprimé. La colle utilisée actuellement est à base d’eau, sans solvant, et son usage ne nécessite pas de port de masque de protection.

Après un bref délai de « prise de la colle », la mousse est collée sur la plaque.

Ensuite, même opération d’encollage et de collage du tissu de revêtement.

Photographie collection SNOTPG Photographie collection SNOTPG

Photographie collection SNOTPG Photographie collection SNOTPG

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Photographie collection SNOTPG Photographie collection SNOTPG

Photographie collection SNOTPG Photographie collection SNOTPG

Photographie collection SNOTPG Photographie collection SNOTPG

 Tissu collé. Les finitions peuvent maintenant commencer (ourlets).

Travail de finition : il faut maintenant rabattre le tissu (ourlets) sous le siège ou le dossier après en avoir encollé les bords, couper les replis d’angles au ciseau et bien arrondir à l’aide d’un maillet. Le « coussin » est alors prêt à être revissé dans le véhicule.

Photographie collection SNOTPG Photographie collection SNOTPG

Photographie collection SNOTPG Photographie collection SNOTPG

Photographie collection SNOTPG Photographie collection SNOTPG

Autres tâches de l’atelier de sellerie

Si, comme on l’a vu ci-dessus, la révision des sièges passagers occupe une large part du travail des artisans de l’atelier, ceux-ci s’acquittent encore de nombreuses autres tâches. Citons en particulier :

  • La révision ou le rafraîchissement des sièges conducteurs, de modèles différents selon les séries de véhicules. Le tissu de ces sièges est particulièrement difficile à couper (respect de l’alignement des motifs) et à travailler, en raison de sa souplesse et de la forme des rembourrages sur lesquels il doit être posé. Petit détail qu’ignorent peut-être de nombreux conducteurs des TPG, la partie avant du rembourrage de leur siège est constituée de poils de porcs compressés, dont la souplesse permet d’éviter une usure trop rapide des parties des pantalons en contact avec l’avant du siège !
  • Le découpage de joints et de rondelles (de caoutchouc ou d’autres matières) pour les véhicules. Pour cela, l’atelier dispose d’une presse d’une puissance pouvant atteindre 16 tonnes et de jeux d’emporte-pièces de tous calibres.
  • L’entretien et le réparation des soufflets des véhicules articulés.

 Ci-dessous : réserve de pièces (profilés en U et toile) pour l’entretien et la réparation des soufflets de véhicules articulés

Photographie collection SNOTPG

  • La confection de bâches et de housses de protection pour diverses machines ou appareils : DATT fixes, DATT embarqués (à bord des véhicules), machines d’ateliers, photocopieuses, etc.
  • La confection de sacoches de cuir pour le matériel utilisé par les contrôleurs de titres de transport ou pour divers appareils radio.

Martial et Pierre-Alain évoquent encore, avec un léger brin de nostalgie et de fierté, l’époque où l’atelier de sellerie (situé alors au dépôt de la Jonction) confectionnait les sacoches de cuir des receveurs et les lanières des poignées de sécurité (en cuir ou en matière plastique) qui pendaient du plafond des anciens véhicules.

De ce temps, pas si lointain, subsistaient quelques coupons du cuir brun-beige qui habillait les sièges ou banquettes des trolleybus « Berna 200CV » (861-878) et des autobus « Diwabus »(941-967) et du cuir bleu-gris typique des autobus Leyland (461-484) et Saurer-Leyland (201-231). Ces cuirs ornent, de nos jours, deux tabourets bien rembourrés pour le confort – également visuel – des spécialistes de l’atelier.

Photographie collection SNOTPG Photographie collection SNOTPG

Nous adressons tous nos remerciements à Pierre-Alain, Martial et Gilles de nous avoir fort sympathiquement accueillis dans leur atelier du Bachet.


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