Tramways Ce 4/4 “Alioth” – Série 90 à 99 de 1902

Fiche technique

Année de construction : 1902
Numérotation CGTE : Ce 2/4 90 à 99, dès 1922 Ce 4/4 90 à 99
Constructeurs : – Partie mécanique : Wagon und Maschinenfabrik AG,  BAUTZEN
– Partie électrique : Elektrizitätsgesellschaft ALIOTH, Münchenstein
Longueur  totale : 11,60 m
Largeur de caisse : 2,15
Hauteur du véhicule : 3,95 m (trolley baissé)
Poids à vide : 18420 kg
Empattement du bogie : 1,22 m
Puissance maximum : 4 x 35 CV
Vitesse maximum à l’origine : 30 km/h
Places assises : 27
Place debout : 29
Capacité totale : 56 places

La motrice 99 devant le dépôt de la jonction vers 1925

Notes techniques et historiques

Comme les autres engins moteurs de la CGTE mis en service dans les toutes premières années du XXe siècle, cette série de dix automotrices « Alioth » est livrée avec des plates-formes ouvertes. A l’origine, en plus des accès de plate-forme, elles possèdent un accès central ouvert, situé entre les deux compartiments voyageurs. Et comme les autres motrices à quatre essieux de l’époque, pour des raisons d’économie, elles ne sont livrées qu’avec  deux moteurs de traction (un par bogie), donc comme Ce 2/4.
Vu que ces véritables « chevaux de trait » seront affectés presque exclusivement aux lignes de campagne exigeant des trains lourds, il faudra assez vite les transformer pour améliorer leur confort et leurs performances techniques. En 1907, les plates-formes sont vitrées. En 1922, toute la série est transformée en Ce 4/4 par adjonction de deux moteurs de traction supplémentaires. Détail technique intéressant à retenir : Une partie d’entre elles reçoit quatre moteurs Alioth (d’origine ou moteurs de réserve), d’autres ont des moteurs Siemens. Enfin, les dernières reçoivent des moteurs SAAS (Sécheron) commandés spécialement. On a ainsi trois rapports d’engrenage différents (1 :5,22 / 1 :4,53 / 1 :5,42) sur une série de 10 véhicules ! A l’occasion de ces transformations, les « Alioth » sont équipées du frein à air comprimé Westinghouse et l’entrée centrale est supprimée. La livrée (voir dessin ci-dessus) est vert-olive et brun café au lait.

Ci-dessous, “Alioth 95” attelée à un wagon de lait, terminus d’Hermance vers 1920 

Ci-dessous, “Alioth 92” devant le dépôt de la jonction vers 1945 

Ces automotrices comportent un compartiment non fumeurs toujours fermé et un compartiment fumeurs ouvert en été. En hiver, celui-ci est fermé par montage de baies vitrées. Vers 1930, les plates-formes reçoivent des portes coulissantes et sont dès lors entièrement fermées.
Particularité de cette série, ce qui se voit bien sur les documents photos conservés, leur châssis se déforma en se cintrant à tel point qu’il fallut retirer et démolir en 1938 déjà les motrices 92 et 93.
Les motrices 90 et 91 sont alors renumérotées 92’’ et 93’’. L’Alioth No 98 connaît aussi une fin prématurée en 1947 suite à un accident spectaculaire au terminus d’Hermance (ligne 9). En arrivant à Hermance, à la première course du matin, le wattman fut victime d’un malaise cardiaque. La 98, attelée à la remorque 370, finit sa course en allant s’encastrer dans une maison du village située dans l’axe de la fin de la voie. Réveil mouvementé pour la propriétaire qui se retrouva avec l’avant de l’Alioth dans sa chambre à coucher !

Les puissantes « Alioth » ont roulé sur l’ensemble du réseau. Cependant, elles étaient avant tout affectées aux lignes de campagne. On les voit, dans les documents photographiques, sur la ligne 7 (Ferney), la 10 (Douvaine), la 11 (Jussy), la 13 (Perly). Mais, pendant leurs cinquante ans de service,  elles seront essentiellement engagées  sur deux lignes qui exigeaient des machines puissantes, aptes à remorquer de longs trains lourds :
– La 9 (Rive – Hermance)  où elles céderont la place aux « Cologne » 51-54 et 60-70 en 1951-1952
– La 15 (Quai de la Poste – Chancy jusqu’en 1938, puis Rive – Bernex) jusqu’en 1951 – 1952.

Sur ces deux lignes, il n’est pas rare de les voir attelées à deux remorques « Neuhausen » (série 361 à 370), avec en plus un fourgon ou deux wagons à lait à certaines courses

Les « Alioth » assuraient occasionnellement des suppléments avec deux remorques sur la ligne 12. Leur puissance équivalente à celle des tracteurs (série 150 à 155) leur valut aussi l’honneur, durant la guerre 1939-1945, de remorquer des trains de trucks transportant des wagons à voie normale.

Les dernières motrices de la série, encore en service, furent équipées d’un pantographe, lors de la généralisation de l’emploi de celui-ci sur les lignes urbaines en 1951. Elles gardèrent cependant un de leurs deux trolleys pour circuler sur les lignes de campagne dont la ligne aérienne n’était pas encore modifiée.
Les dernières « Alioth » (92’’, 93’’, 95, 96, 99) sont retirées du service en 1952 et démolies peu après.